PLACE A L'EMOTION

Le monde du management n’a plus été le même à partir de 1995, quand le psychologue américain Daniel Goleman a publié son livre Emotional Intelligence and why it can matter more than IQ. Jusqu’alors, les recherches sur l’intelligence humaine se pen- chaient exclusivement sur le quotient intellectuel, et sur comment mieux le mesurer. Mais voilà que la vie des affaires notamment allait être chamboulée : une personne ayant beaucoup d’empathie, qui peut se mettre à la place des autres, qui arrive à gérer ses émotions et celles de ses interlocuteurs, est aussi « intelligente ». Depuis, nous avons assisté à une inflation de livres et de séminai- res à ce sujet à travers le monde entier.

D'autant que les cadres supérieurs ont aujourd'hui affaire à des marchés de plus en plus complexes et imprévisibles. Contrôler et diriger « top to down » n’est plus tellement possible. Selon le groupe de conseil en management Hay, qui a récemment publié sa vision du leadership (Leadership 2030), l’avenir appartient à ceux qui savent partager le pouvoir et raisonner en réseaux. Hay ajoute que les leaders de demain auront besoin d’une maturité intérieure et d'une intelligence émotionnelle fortes pour réussir. Dans une autre étude du docteur Gerald Mount, cité dans le livre le plus récent de Daniel Goleman Focus, the hidden driver of Excel- lence, ce sont l’empathie, l’intelligence émotionnelle et l’intuition qui marquent déjà les leaders exceptionnels.
Beaucoup de managers avaient oublié que pour arriver à obtenir de bons résultats, il ne fallait pas travailler contre mais avec les autres. Encore aujourd’hui, peu d'entre eux sont véritablement capables de se mettre à la portée de leurs collaborateurs. Mais des aspects plus humains font progressivement leur entrée dans la vie professionnelle, souvent trop accaparée par les notions d’effi- cacité, de rendement, de structures et de processus.
Au sein des entreprises roumaines, le sujet commence aussi à faire son chemin. Il me semble que le temps du management auto- ritaire au sein duquel rien ne marcherait sans le chef est en voie de disparition – même s'il persiste encore. Je constate un nombre croissant de top managers roumains voulant « apprendre » l’intelligence émotionnelle. Et la première étape à franchir dans un tel processus d’apprentissage est de se regarder dans son propre miroir, de se comprendre soi-même, ses émotions et ses motivations. Pas facile pour ceux qui ont longtemps été guidés par l’égoïsme, la fierté et un sentiment excessif de supériorité.

Dr. Michael Schroeder est life & business coach à Bucharest.

Source: Regard – Magazine francophone de Roumanie, #66, 
15 juillet - 15 octobre 2014

QUESTION STRESS

Une étude récente réalisée en Roumanie par la compagnie Regus, spécialisée dans les espaces de travail, montre que 63% des em- ployés de bureau et des cadres se disent plus stressés que l’année dernière. En Allemagne, pays dont je suis originaire, on estime qu’environ neuf millions de personnes sont atteintes par la maladie dite du burnout (épuisement mental dû au travail). Nous essayons d’y faire...

UN AUTRE MODELE

L’année dernière en novembre, le quotidien Ziarul Financiar a publié la liste des 100 managers les plus admirés de Roumanie. Résultat : il y avait presque un tiers d’étrangers dans ce palmarès. Pour la deuxième année consécutive, la première place était occupée par un étranger. Quand je travaillais dans le domaine du recrutement, les candidats pour un poste de top manager me posaient souvent...

DU BON CÔTÉ

Selon une étude de la société d’audit PwC, 44% des dirigeants en Roumanie seraient très optimistes quant aux pers- pectives de croissance économique pour 2015. Un autre sondage, publié récemment par l’Institut Gallup, montre cependant que les Roumains sont, dans l'ensemble, très pessimistes. Leur score au « Happy planet index » se situe à un niveau plutôt bas. Parmi les 138 pays répertoriés...
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